Le mariage de l’Art et de l’Entreprise

« La Reprise »
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Le mariage de l’Art et de l’Entreprise

« La Reprise » de L.A. Conseils par Nathalie Bardouil (article ici) a marqué un tournant dans la vie de l’entreprise. L’équipe et sa présidente ont à cœur de développer un nouvel axe : le mécénat socio-culturel et solidaire !

Tout d’abord, qu’est ce que le mécénat ? « Un soutien apporté sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire à une œuvre ou à une personne pour l’exercice d’activité présentant un intérêt général » dans des domaines très variés : social, culture, éducation, santé, sport, environnement, recherche… (si la curiosité vous pique, jetez un œil sur Admical).

Le mantra d’une entreprise est de créer de la valeur ajoutée, réaliser du profit, être compétitif et productif. L’art est indépendant, autonome et sans objectifs commerciaux et économiques.

Mais comment une structure économique peut-elle venir en aide aux artistes et s’engager dans des projets solidaires ?

Photographe : Olivier Henri

Photographe : Gilles Vidal

 

 

Benoît Séverac et Nathalie Bardouil vous racontent l’origine de ce projet.

 

 

 

 

 

 

Comment décririez vous votre rencontre ? Artistique ? Professionnelle ?

Benoît Séverac : Une rencontre est rarement purement artistique, elle est humaine avant tout. Ainsi, Nathalie Bardouil et moi nous sommes rencontrés sur le salon littéraire Enfin Livres de Cazères (31), dont je suis le parrain. Elle accompagnait son amie et poétesse franco-syrienne Maram Al Masri, invitée sur le festival. La rencontre s’est faite très naturellement, autour d’un verre, à la table d’un café, comme souvent. Avec la curiosité qui la caractérise, et cette habitude d’aller au fond des choses, Nathalie a commencé à me lire et à s’intéresser à mes différentes productions…

Nathalie Bardouil : En effet nous nous sommes rencontrés à Cazères en 2016. Benoît m’a parlé de son travail de Textographies avec son fils Jules. J’ai aimé cette démarche père-fils, la rencontre de la photographie et du roman noir. Et j’ai rapidement perçu que Benoît porte en lui les mêmes valeurs et les mêmes colères que moi devant l’injustice. A cette époque nous préparions les 20 ans de L.A. Conseils. J’ai proposé que nous y exposions les Textographies.

 

Nathalie, peux tu présenter l’entreprise L.A. Conseils ?

L.A. Conseils est une entreprise orientée exclusivement sur l’humain et portée dans ses missions comme dans son organisation par des valeurs d’Humanisme, de Bienveillance et de Coopération. Tous les salariés de L.A. Conseils ont à cœur de mener des actions qui ont une réelle utilité sociale.

Pour moi, il ne s’agit pas de faire du mécénat dans le seul objectif de soutenir la création de certains artistes. Il s’agit plutôt de soutenir des projets associant la création artistique et le soutien à des publics fragilisés ou vulnérables. Cela signifie qu’à chaque fois, en lien avec l’œuvre,  il y a un projet, une sensibilité et une collaboration avec l’artiste.

Qu’il s’agisse de littérature, de théâtre, de musique, de peinture ou de sculpture, … je suis depuis toujours convaincue qu’ils parviennent mieux que tout autre média à dire, éveiller, bousculer, faire rêver.  Parce qu’un autre monde que celui que l’on nous propose est possible, est à inventer et à réaliser.

 

Benoît, présente ton œuvre

Benoit Séverac : Le travail que Nathalie a décidé de soutenir financièrement est une œuvre littéraire. Il est très rare (je n’ai personnellement aucun exemple en tête, mais je peux me tromper) que le monde de l’entreprise aide ce genre d’expression artistique.
Pour expliquer la germination de cette idée, il faut remonter à 2016, lorsque L.A. Conseils a réuni ses partenaires pour souffler ses 20 bougies. Nathalie Bardouil et Joël Gauthier ont souhaité faire découvrir à leurs invités l’exposition Textographies, issue de la collaboration entre le photographe Jules Séverac et moi-même (pour les intéressés, c’est ici)
Tout naturellement, lorsque Nathalie a célébré son rachat, deux ans plus tard, de L.A. Conseils, elle nous a demandé d’être présents à nouveau, à travers une deuxième exposition, fruit de deux voyages que Jules et moi avions faits dans l’année en Utah (USA) et dans le Dorset (UK).
Par ailleurs, Hervé Jubert et moi venions de publier Wazhazhe aux éditions Le Passage, un roman mettant en scène des Indiens Osages d’Amérique du Nord en France… Roman que Nathalie avait lu et apprécié. Hervé et moi projetions à ce moment-là de partir en Oklahoma pour écrire un deuxième roman, toujours sur le thème des Indiens Osages, mais nous manquions de trésorerie.
Nathalie nous a proposé de présenter le roman au cours de la soirée La Reprise, ce que j’ai refusé car il n’y avait pas de lien direct avec la reprise de L.A. Conseils, pas de légitimité à vendre des romans au cours d’une telle soirée.
Nathalie m’avait fait part de son intention de soutenir des artistes sur certains projets. J’ai donc ajouté à mon refus : « Sauf si vous acceptez de financer une partie de notre voyage, auquel cas, ce serait pour vous l’occasion de présenter officiellement votre projet de mécénat. »
Ce que j’avais dit sous la forme d’une boutade, Nathalie l’a pris au sérieux.

Nathalie Bardouil : Quant à moi j’ai toujours vu dans le roman Wazhàzhe un lien avec La Reprise de L.A. Conseils que je peux résumer par cette citation de la quatrième de couverture : « Car il est des héritages que l’on n’est pas libre de refuser. » Et nombreux sont les héritages que je porte, qui ont participé à ma décision de la reprise de L.A. Conseils et vis-à-vis desquels j’essaie d’être digne.

 

Quelle est la valeur ajouté à ce partenariat sur vos deux secteurs ?

Nathalie Bardouil : Un sens et une beauté supplémentaires à notre travail, dépassant le cadre immédiat des actions que nous menons au quotidien.

Benoît Séverac : J’ai déjà évoqué l’aspect financier. L.A. Conseils a pris en charge nos billets d’avion, aller et retour. C’est un soutien considérable. Au-delà, c’est très valorisant (et valorisable) d’être soutenu par une entreprise privée. Cela crédibilise notre travail. Le fait qu’une entrepreneuse trouve un intérêt et accorde une aide à notre projet signifie que quelqu’un issu du monde du réalisme économique croit en ce projet, y voit un intérêt littéraire et humain, une aventure digne d’être vécue et soutenue.
J’adore l’idée que les artistes ne soient plus vus comme de doux rêveurs inconscients des réalités économiques, et les entrepreneurs comme hermétiques à toute considération autre qu’économique. Nous avons des valeurs à partager, ce mécénat en est une très belle illustration.
Je tiens à préciser que l’artiste n’est jamais aliéné à l’entreprise dans une opération de mécénat. A aucun moment Nathalie Bardouil ne nous a demandé quoi que ce soit en retour : ni placement de produit, ni retour sur investissement, ni droit de regard sur le texte. Nous ne l’aurions pas accepté, évidemment, mais la question ne s’est jamais posée. Si le projet aboutit et que nous écrivons ce roman, et s’il est publié, il y aura mention de l’aide accordée par L.A. Conseils, mais c’est nous, les auteurs, qui l’avons proposé à Nathalie Bardouil, pas l’inverse.

 

Nathalie, comment impliquer les salariés dans cette aventure ?

Chaque salarié y est associé puisque de fait, c’est avec les bénéfices de L.A. Conseils, donc du travail des salariés, que les projets sont financés. Mais au-delà, chacun(e) est invité(e) à proposer des idées, donner de son temps et de son énergie, depuis la conception jusqu’à la réalisation des projets.

 

D’autres mécénats sont ils envisagés ?

Benoît Séverac : Non, je n’envisage rien pour l’instant. Ce mécénat avait du sens. S’il doit y en avoir un autre avec une autre entreprise, il faudra qu’il ait également du sens, et que l’entreprise en question et moi partagions des valeurs humaines.
Je veux vivre pleinement cette aventure avec L.A. Conseils, la mener à bien, et je ferai comme j’en ai l’habitude : je saisirai les opportunités de rencontres que la vie m’offrira, ou que je saurai créer.

Nathalie Bardouil : Oui. Des projets sont en cours pour 2019 et 2020.

Le premier est orienté vers les populations syriennes réfugiées qui sont sur le territoire toulousain avec mon amie poétesse Maram al Masri. Plusieurs actions liées vont être menées, associant littérature et musique..

L’objectif est de changer les regards sur les enfants, les femmes et les hommes qui sont réfugiés ici, de créer des moments de partage, de rencontres autour de la poésie et la musique. Ce projet et ses différentes actions s’appuieront sur un partenariat avec les principales associations locales qui viennent en aide aux populations réfugiées.

Le deuxième projet est la facilitation de la réalisation d’un projet d’ateliers d’écritures poétiques animés par Maram al Masri auprès d’un public de jeunes en situation de handicap  qui sont accompagnés par un Institut Médico-Educatif.  Ces ateliers auront lieu sur l’année scolaire 2018-2019.

Le troisième projet est orienté sur une autre thématique et porté par un autre artiste que Benoît m’a fait rencontrer. Il s’agit du sculpteur Patrick Pavan et son projet Le Colosse aux pieds d’argile. Il s’agit de financer et présenter une sculpture représentant la silhouette d’un grand sportif français pour évoquer les blessures du corps.

 

« La culture est l’un des leviers les plus importants à actionner pour réhabiliter et relancer l’économie tout en produisant du sens. »

Proverbe africain

Photographe : Gilles Vidal

1 Comment

  1. PETIT Sophie dit :

    De la rencontre entre 2 personnes a émergé ce beau et savoureux projet…
    Faire que le milieu de l’entreprise et celui de l’art puissent se réunir pour façonner une nouvelle œuvre, un nouveau chapitre de vie me plaît !
    Merci pour ce partage.

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