L’Analyse Comportementale de Sûreté

Le BaD-PaaT 2018
27 novembre 2018

L’Analyse Comportementale de Sûreté

Qu’est-ce que l’Analyse Comportementale de Sûreté ?

Aujourd’hui employée dans de nombreux environnements et dans des contextes de plus en plus variés, l’Analyse Comportementale de Sûreté (ou « ACS ») s’installe dans le paysage de la sûreté-sécurité depuis plusieurs décennies et se révèle désormais être une compétence incontournable des dispositifs de protection des personnes, de biens ou des infrastructures.

Née du constat que les moyens matériels, technologiques ou de procédures ne peuvent pas détecter 100% des menaces de malveillance, l’ACS s’inscrit dans la chaîne de sûreté comme un outil à la fois efficace, proactif, et adaptable. Aussi, plutôt que de rechercher l’arme ou l’explosif, tel un pêcheur qui part « à la pêche aux indices », l’agent qui observe les usagers se positionne comme un chasseur, qui part « à la chasse aux comportements suspects ».

L’observateur comportemental doit alors comprendre qu’il sera amené à détecter des comportements, sans savoir – à cet instant – la cause de ceux-ci : en effet, l’Analyse Comportementale vise à identifier une intention, souvent avant que celle-ci ne se soit concrétisée, réalisée. C’est alors qu’intervient la notion de discernement, à la fois au moment-même de l’observation, mais également lors d’une éventuelle levée de doute (au contact de l’individu « suspect », par exemple), selon les prérogatives de l’agent et ses possibilités opérationnelles.

Pourquoi et comment déployer un dispositif d’Analyse Comportementale de Sûreté ?

Qu’il s’agisse d’anticiper et prévenir les intentions malveillantes dans le transport public de passagers (aérien, ferroviaire, maritime), lors de filtrage et surveillance d’évènements à risque (manifestations sportives ou culturelles, manifestations citoyennes, regroupements sur voie publique), lors de contrôles d’accès sur des sites sensibles (NRBCe, Seveso, OIV/PIV, enceintes sécurisées, sièges sociaux) ou tout type de surveillance d’usagers, l’ACS peut être déployée sur le terrain par des agents spécialement formés, par le biais d’un relai vidéoprotection en temps réel, ou encore à travers la sensibilisation d’agents hors-sûreté (par exemple, des agents d’accueil) qui participeront activement à accroître la vigilance collective et la culture de sûreté du site concerné.

Particulièrement souple dans la conception et la mise en œuvre de ses dispositifs opérationnels, l’Analyse Comportementale permet la détection de la menace terroriste et du risque attentatoire (kamikaze, dépose d’explosifs et piégeage, tuerie de masse, agression ciblée), l’imminence d’un passage à l’acte criminel haute intensité (vol à main armée, vol en bande organisée, sabotage), la petite délinquance (pickpocket, vol à l’étalage, vente de stupéfiants), les comportements déviants (pédophilie, voyeurisme, attouchements dans les transports), ou encore la surveillance et le repérage en amont d’un projet criminel futur… car l’individu hostile sera la plupart du temps amené à manifester des signes observables, quel que soit le type d’acte malveillant concerné.

Sur quoi repose la détection d’une intention malveillante ?

Dès lors que l’individu s’inscrit dans une démarche qu’il sait être illégale, répréhensible, ou tout simplement immorale, il est habité de la « peur de se faire démasquer », qui engendre elle-même des modifications d’états internes (cognitifs et émotionnels) qui peuvent se manifester de manière observable, à la fois sur le registre physiologique et le registre comportemental verbal (mots, propos), para-verbal (voix, expression orale) et non-verbal (corporel et facial). L’agent observateur, sensible aux signaux faibles et aux micro-comportements, a pour mission de détecter en temps réel les manifestations observables inconscientes et involontaires de l’individu en situation de dissimulation de son intention réelle. Il peut également favoriser la détection à travers des moyens d’amplifier les comportements atypiques et/ou suspects de l’individu hostile. Aussi, au-delà de l’expertise technique de l’observateur en lui-même, il existe une réelle valeur ajoutée à concevoir un dispositif opérationnel « intelligent » et systémique (multi-acteurs) afin de mieux révéler les intentions malveillantes et dissimulées, y compris vis-à-vis d’individus expérimentés et rompus à l’exercice criminel ou délictuel.

Une compétence sur mesure, adaptable et efficace

Sans que celle-ci ait pour autant la prétention d’une détection à 100% des comportements suspects – car il existe bien sûr de nombreux biais dans l’analyse et l’interprétation des signes observés, l’ACS tend à identifier l’immense proportion des intentions malveillantes et/ou dissimulées, bien en amont de leur réalisation, de la commission des faits. Anticiper et dissuader, déporter dans le temps et dans l’espace la détection de l’intention de nuire, voici l’ambition de l’Analyse Comportementale de Sûreté telle que proposée par L.A. Conseils.

Retrouvez notre offre de services de Conseil et de Formations en Analyse Comportementale de Sûreté sur notre page : https://laconseils.fr/surete-facteurs-humains/

Un mot de notre expert

Frédéric Peucheret, chef de projet du pôle Sûreté & Facteurs Humains, est Analyste Comportemental, consultant et formateur, spécialisé dans les contextes de sûreté, d’investigation et de renseignement. Référent auprès d’entités institutionnelles, publiques et privées, il accompagne de nombreux acteurs dans la détection des intentions malveillantes et des comportements suspects, la détection du mensonge et l’évaluation de crédibilité, les entretiens de sûreté pour le recrutement sensible, le débriefing d’évènements, les enquêtes internes, ou encore le traitement de source pour le renseignement d’origine humaine. Par ailleurs auteur d’ouvrages techniques, il pilote aujourd’hui les projets en Sûreté du cabinet L.A. Conseils. En savoir plus sur : https://laconseils.fr/frederic-peucheret/

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